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CULTURE DE LA TOMATE

Le climat de la serre
Consignes de température
> Lutte contre la chaleur estivale
 Culture de la tomate / Le climat de la serre / Consignes de température / Lutte contre la chaleur estivale
>> Lutte contre la chaleur estivale

Idées de base :

la lumière favorise la photosynthèse donc la vigueur mais en été la forte luminosité provoque une forte élévation des températures par l'effet de serre (beaucoup de chaleur) : les températures moyennes deviennent trop élevées et fatiguent les plantes 

Pour la plante
L
a transpiration est la fonction de la plante qui lui permet de réguler sa température
P
lus l’eau est disponible aux racines (en quantité,en oxygène,…) , meilleure sera la transpiration
Plus l’air est chaud et sec (température, hygrométrie) plus le besoin de transpiration de la plante est élevé en conditions extrêmes, la plante se protège pour limiter sa transpiration (réduction de la surface des feuilles, enroulement des feuilles, fermeture des pores)

Pour le producteur 
Lutter contre les trop fortes températures mais ne pas trop réduire cependant la luminosité de la serre
Suivre les irrigations pour maintenir la disponibilité en eau à son maximum 

Retenir que la meilleure climatisation de la serre est la transpiration des plantes.

Plus le système racinaire de la plante est performant, plus elle transpirera et mieux elle résistera à la chaleur.
Pour s’en convaincre imaginez, en plein soleil, la différence de température entre une serre vide  et une serre remplie de plantes: dans ce dernier cas, les phénomènes d’évaporation et de transpiration consomment beaucoup d’énergie et participent grandement au refroidissement de l’ambiance. 

 

 

 

Il convient donc d'utiliser les différents moyens techniques, conduite des plantes, gestion de l’irrigation et du climat, pour favoriser cette fonction mais il y aura des  marges de manœuvre très inégales  suivant qu’on sera en serre haute, bien ventilée avec aspersion de toiture par exemple ou en serre basse à un seul versant d’aération. 
 

REDUIRE LES TEMPERATURES :

Hauteur de serre
Une hauteur importante de serre permet une stratification des températures d'air avec une concentration de la chaleur dans la partie haute de la serre mais si haute qu’elle  l'éloigne de la végétation. Il peut être intéressant de pratiquer des descentes fortes de plantes pour éloigner encore plus les têtes de plantes du toit de la serre.On considère que dans une gamme de températures extérieures de 25-30°C, il est possible d’obtenir dans une serre haute (h>4m) la même température à l’intérieur de la serre (à 1°C près) qu’à l’extérieur. Ce n’est sûrement pas le cas en serre basse où l’écart avoisine facilement les 5°C.

Aération
Il est évident que les serres aérées sur un seul versant de toiture « chauffent » plus que celles  doublement aérées. Dans ce dernier cas, l’ouverture simultanée de châssis opposés crée un courant d’air qui assure une évacuation plus dynamique de l’air chaud.
Par contre, pour les serres à aération alternée (à deux versants),  nous ne considérons pas fondamentales les différences de surfaces relatives d’aération suivant que nous avons des aérations à 2 ou 3 demi-carreaux ou que les châssis soient plus ou moins larges ou longs (chapelles de 6,40 m ou 8 m). Il semble qu’en cas de forte chaleur,  il y ait une limite d’aération au-delà de laquelle l’assèchement de l’air est plus gênant que la réduction de température (notion de dH : voir plus loin).   

Maintien de la végétation 

Densité de tiges : le départ d’extra-bras au printemps vise à rendre adéquat le rapport entre la charge en fruits exprimée en nombre de fruits par m² avec la luminosité croissante de l’époque. Une grande densité de tiges de tomates aux moments les plus chauds assurera un micro-climat favorable : les têtes nombreuses se protègent entre elles.extra-feuilles : à Nantes, la plupart des producteurs conservent sur juin et juillet, 6 ou 7 extra-feuilles (une par semaine) afin de maintenir un climat plus favorable en tête de plante (plus humide par la transpiration de cette feuille et donc moins chaud). nombre de feuilles conservées par plante : en  conservant plus de feuilles sur la plante dans une serre haute, on conserve un meilleur climat. La plus grande ombre portée des plantes  protège également les fruits. Attention cependant à des phénomènes comme les microfissures ou les éclatements de fruit qui sont favorisés par des retards d’effeuillages.cas particulier du Blossom-end-rot (“cul noir”): cette affectation est fréquente quand la transpiration des plantes est entravée. Elle peur avoir deux origines aux causes pratiquement opposées : le plus souvent, le cul noir survient quand la plante est affaiblie par une mauvaise alimentation en eau  (système racinaire faible ou malade, défaut d’irrigation,…) mais il peut également survenir sur des plantes très vigoureuses où les feuilles détournent l’eau absorbée par les racines aux dépens des fruits (pour favoriser le prélèvement d’eau par les fruits, il faut alors effeuiller beaucoup et tenter de recharger la plante en fruits).  

 

 

Blanchiment
Le blanchiment des parois de la serre limite le rayonnement dans la serre et réduit l'élévation de température. Mais il est non sélectif, permanent et réduit l'apport de lumière aux plantes. Les essais ont montré également que la dose de blanchiment utilisée n'est pas forcément adaptée à la situation climatique du moment et que l'application d'une dose trop forte par un été faiblement ensoleillé peut entraîner des pertes de rendement supérieures à10 % par rapport à l'aspersion de toiture.

 

 

 

 

A Nantes, région où les conditions climatiques estivales sont voisines des nôtres,  différentes techniques de blanchiment sont appliquées :blanc sans colle pour une durée courte d’ombrage blanc avec colle pour tout l’été (en concombre notamment) mais nécessitant un passage à l’acide pour l’enlever. Quand l’aspersion de toiture existe, les producteurs arrosent au moment de la canicule : le blanc devient translucide (plus transparent) une fois  humide et les bénéfices  du blanchiment et de l’aspersion du toit s’additionnent.blanc d’Espagne (sulfate de calcium) sans adjuvant, ni eau, épandu sur le toit à l’aide de l’aspersion de toiture. A la première pluie, il s’en va, nécessitant un nouveau saupoudrage.   Nous considérons aujourd’hui que dans les conditions rennaises, en serres hautes, le blanchiment de serre n’est pas justifié, sur les variétés actuellement cultivées. En serre basse, quand l’aération est insuffisante (un seul côté), le blanchiment est envisageable dès lors que les hautes températures affectent les fleurs et leur fécondation, ou que le système racinaire trop faible n’assure plus le fonctionnement optimal de la pompe transpiratoire. aspersion de toiture L'aspersion de la toiture permet de refroidir la paroi de la serre et provoque une baisse de température de l'air par évaporation. Elle améliore l'hygrométrie dans la serre. Le ruissellement de l'eau peut également absorber une petite quantité du rayonnement.  

 Effet sur la températureEffet sur l’hygrométrie
SERRE standardT° = THr = H en %
SERRE avec aspersion de toitureT° = T- 5°CHr = H + 10%
SERRE blanchieT° = T - 5°CHr = H + 3%


Ces résultats sont indicatifs mais montrent la supériorité de l’aspersion de toiture au blanchiment : ils sont obtenus même avec des ouvrants limités en ouverture à 30 à 40 %, ce qui est préférable pour éviter à l’eau aspergée d’entrer dans la serre et ce qui est mieux pour une meilleure valorisation des apports de CO²  grâce à une aération plus faible. De plus, la maîtrise de ces paramètres est favorable à l'augmentation de la densité de tiges au m² en laissant se développer des extra‑bras.   autres techniques :Ombrage des allées : nous vous conseillons de choisir des filets de type brise-vent  à fort pourcentage d’ombrage (>60%) et de les déployer sur toute la largeur d’allée pour que l’effet soit bon. Maintien humide par aspersion ou goutte-à-goutte, les aires bétonnées (allées) produit un bel effet en enrichissant en humidité l’atmosphère environnante.Enlèvement de parties latérales : on peut déjà ouvrir les portes de serre toute la journée (cela crée des courants d’air salvateurs bien que propices au développement de l’oïdium par exemple). On pourrait également démonter des verres ou des pans de bardages de serre qui, en créant des ouvertures en position basse, faciliterait les mouvements ascensionnels de l’air et l’évacuation de la chaleur. L’exemple des nouveaux abris multichapelles avec aération latérale démontre l’efficacité d’une très bonne convection.

 

IMPORTANCE DE L’HYGROMETRIE

 

Hygrométrie relative (HR)
Elle est mesurée par différence de température entre thermomètre sec et thermomètre humide (saturé). C’est le % d’humidité de l’air mesuré par rapport à un maximum de 100 considéré comme air saturé de vapeur d’eau.
D
éficit de saturation (dH)
Plus l’air est chaud, plus il faut de quantité  de vapeur d’eau pour arriver à le saturer à 100% : on parle alors de déficit de saturation ou déficit hydrique . Mesuré en gramme d’eau par m3 d’air, il fixe le « manque » d’eau en poids avant que l’air ne soit saturé en vapeur d’eau. En serres de tomates, on considère l’intervalle 3 à 6 g/m3 de dH comme valeurs propices à la croissance : en dessous de 3 la plante est dans une ambiance trop humide (trop végétative) et au delà de 6 dans une ambiance trop sèche (trop dure)  Pour être plus explicite, l’hygrométrie relative ne peut être appréciée que dans un contexte de T° fixe : on peut comparer deux hygrométries relatives (HR) à une seule et même température de référence. La mesure du dH (déficit hydrique) est plus « vraie » pour la plante : elle donne l’effet combinée de la température et de l’hygrométrie et mesure la vérité sur la qualité « d'assèchement » de l’air, en fait, sur son potentiel d’évapotranspiration. 

 

 

 

 

CONDUITE DE LA VENTILATION

 

La base de la programmation de la ventilation reste la température. Cependant, par le jeu des trajets d’humidité on influence la température de ventilation.On considère qu’il faut augmenter la température de ventilation (fixée par exemple à 19°C) de 4 à 5°C quand l’hygrométrie chute de 80% (valeur réglée) à 60 % (pour des dH passant alors de 4 à 8). Si on remonte à  22 ou 23°C la  température de ventilation,   l’air confiné remonte vite en hygrométrie et son dH est contrôlé : la plante souffrira moins car bénéficiant d’un air plus humide même s’il est plus chaud. Remarquons qu’au moment de la canicule, ces réglages n’interviennent plus sur la course des châssis puisque les températures mesurées alors sont bien au-delà des consignes.

 

CONDUITE DES IRRIGATIONS

Conductivité
La mesure régulière de la conductivité des pains de substrat permet de voir si la quantité globale d’irrigation satisfait aux besoins de la plante : en période chaude, la plante boit beaucoup d’eau mais consomme guère plus d’éléments nutritifs. Si la salinité des pains augmente, cela voudra dire que :il faut augmenter les apports d’eau : n’oublions pas qu’on déclenche les irrigations au rayonnement lumineux : quand il fait chaud, sans qu’il fasse forcément plus lumineux, la composante température de l’air ne génère pas d’arrosages supplémentaires : le producteur doit l’analyser et programmer un renforcement du régime d’arrosages quitte à réduire la somme de rayonnement qui déclenchera une dose d’arrosage. il faut éventuellement réduire les Ec d’apport pour éviter un « effet de levier » très fréquent par temps chaud : des apports d’eau légèrement insuffisants combinés à une consigne d’Ec un peu élevée, peuvent faire s’envoler l’Ec du pain. 

Doses d’irrigations 
I
l faut appliquer de faibles doses d’irrigations au moment de forte chaleur : une petite dose apportée fréquemment maintien une bonne humidité en haut du pain où se trouvent de nombreuses radicelles, renouvelle l’oxygène demandée par les racines et régule mieux la température du pain.Au moment des périodes les plus chaudes d’une journée, des doses de 80 à 120 cc sont préférables à des arrosages de 200 cc (drainant et lessivant trop facilement) 

Tour d’eau 
C’est une notion très importante en été : les néerlandais considèrent que la plante doit être réapprovisionnée en eau tous les 9 à 12 minutes au moment des plus gros besoins en eau. Si un apport de 100 cc demande en général 3 minutes avec un réseau débitant 2 litres/heure par plante, on comprend que le groupe d’arrosage pourra boucler son tour d’eau en 9 minutes s’il est composé de 3 vannes et en 12 minutes si il y a 4 vannes.Imaginons le stress des plantes arrosées à fortes doses (200cc) sur des installations d’irrigation groupant parfois 5 ou 6 électrovannes : les plantes ne sont ré-approvisionnées en eau que tous les 5 ou 6 fois 6 minutes soit toutes les 30 ou 36 minutes : c’est trop long !!A noter que les installateurs proposent maintenant des réseaux débitant 3 ou 4 litres par goutteur et par plante (soit des « araignées » à 12 litres/h –4 goutteurs- ou des gouttteurs-capillaires débitant unitairement 8 litres –1 par cube double-)   

Horaires d’arrosages
Les arrosages de nuit ont des effets bienfaiteurs et 1 ou 2 doses peuvent être apportées au milieu de la nuit quand il fait très chaud. Dans la journée, c’est surtout l’allonge-ment de la période d’arrosage le soir qu’il faut surveiller plutôt que l’avancement de celle du matin . Dans tous les cas, il ne faut pas que le pain perde de poids pendant la période d’autorisation des arrosages (jusqu’au dernier arrosage), ce qui signifierait que la programmation des irrigations est insuffisante par rapport aux besoins des plantes (l’adoption d’une balance est tout indiquée pour contrôler cela).

 
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